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Meurthe-et-Moselle · Mardi 24 février 2026

Municipales 2026 · Meurthe-et-Moselle (54) · J-19 : derniers ajustements avant la deadline

Plus que deux jours avant la date limite de dépôt des candidatures. Le jeudi 26 février à 18 heures marquera la clôture définitive du processus d’enregistrement pour le scrutin du 15 mars. À Nancy (103 671 habitants, 55 sièges), les cinq candidats déclarés opèrent les ultimes ajustements de leurs listes. Dans le reste du département, les structures de campagne se stabilisent avant l’ouverture officielle de la campagne prévue le 2 mars. L’affaire Aurore Katramiz à Réhon continue de faire écho dans les médias nationaux et internationaux. J-19.


Nancy · Ultimes ajustements avant jeudi 18h

À Nancy (103 671 habitants, 55 sièges au conseil municipal), les cinq candidats déclarés finalisent leurs listes dans l’urgence. Jeudi 26 février à 18 heures, la préfecture de Meurthe-et-Moselle fermera définitivement le guichet de dépôt des candidatures. Après cette échéance, plus aucune modification ne sera possible jusqu’au 15 mars.

Mathieu Klein (PS, maire sortant) boucle sa liste “Nancy Grandit” avec le soutien du Parti socialiste, des Écologistes, du Parti communiste français, de Place publique et du Parti radical de gauche. Mathieu Klein, élu maire en 2020 au second tour avec 55,6% des voix face à Laurent Hénart, brigue un second mandat dans un contexte de fragmentation de la gauche nancéienne.

Laurent Hénart (LR-Horizons-Renaissance), ancien maire de Nancy de 2014 à 2020, structure sa liste “Nancy avec vous” autour d’une coalition large réunissant Les Républicains, Horizons et Renaissance. Son programme martèle un “choc de sécurité” massif : 500 caméras de vidéosurveillance en trois ans (multiplier par six le nombre actuel), doublement des effectifs de police municipale sur le terrain, création d’une brigade canine et d’une police des transports métropolitains, installation de 100 bornes d’appel d’urgence dans les espaces publics. Laurent Hénart bénéficie du soutien de Nadine Morano et Jean-François Husson (LR).

Sarah Farghaly (LFI), 34 ans, ancienne fonctionnaire territoriale née à Nancy, porte la liste “Nancy Insoumise” avec Hadrien Fournet comme binôme. Sarah Farghaly a rompu avec le Parti socialiste pour mener une campagne autonome axée sur un programme antifasciste et solidaire. Nancy Insoumise a mené une enquête populaire auprès des Nancéiens depuis plusieurs mois pour nourrir son programme.

Laurent Watrin (Écologistes), 55 ans, adjoint au maire sortant chargé de la démocratie coopérative, mène une liste autonome “Nous Nancy 2026” après avoir été écarté par son parti lors de la désignation des têtes de liste. Laurent Watrin avait fusionné sa liste avec celle de Mathieu Klein au second tour en 2020, contribuant à la victoire de la gauche. Sa candidature autonome en 2026 fragmente le camp progressiste.

Emmanuel Lacresse (ex-Renaissance), ancien député de 2022 à 2024, maintient sa candidature avec son mouvement “Nancy en avant” malgré le ralliement de Renaissance à Laurent Hénart le 23 janvier. Emmanuel Lacresse, président de la fédération départementale de Renaissance, avait été désigné par le parti présidentiel en mai 2025 avant d’être lâché sept mois plus tard.

La préfecture précise les modalités finales

Selon la préfecture de Meurthe-et-Moselle, les candidatures peuvent être déposées sur rendez-vous jusqu’au mercredi 25 février de 9h à 12h et de 13h30 à 16h, puis le jeudi 26 février de 9h à 12h et de 13h30 à 18h. Pour Nancy, chaque liste doit comporter exactement 55 noms respectant la parité stricte.


Réhon · L’affaire Aurore Katramiz toujours dans les médias

Plus de trois semaines après le début de l’incident, l’affaire Aurore Katramiz continue de susciter des réactions dans les médias nationaux et internationaux. Aurore Katramiz, conseillère municipale depuis 2020 et adjointe au maire de Réhon chargée du lien social et des relations intergénérationnelles, candidate sur la liste non partisane du maire sortant Jean-Pierre Weber, a été la cible d’une vague de cyberharcèlement depuis la publication de sa photo de campagne le 3 février en raison du voile qu’elle porte.

Aurore Katramiz, 39 ans, mère de famille, a reçu plus de 102 commentaires haineux faisant référence aux attentats du Bataclan, aux Frères musulmans, à l’Iran et à la Syrie, avec des injonctions à “retourner dans son pays”. Son portrait a généré plus de 20 000 vues, selon France Bleu Lorraine.

Aurore Katramiz a déposé plainte le 9 février pour incitation à la haine et injure publique. Jean-Pierre Weber, maire de Réhon depuis 2020, a réaffirmé son soutien, rappelant que “le voile n’est pas interdit pour les élus” et saluant ses compétences et son engagement communal.

L’affaire a été relayée par des médias nationaux (France Bleu, Yahoo Actualités, Fdesouche) et internationaux (agence Anadolu, Impact SN), illustrant la brutalité des campagnes numériques et la vulnérabilité des candidats face aux cyberviolences.

Malgré ces attaques, Aurore Katramiz a déclaré : “Je n’arrêterai jamais, je suis une combattante. Je continuerai jusqu’au bout, je dirais même que cela me renforce.”


Vandœuvre-lès-Nancy · Stéphane Hablot en reconquête

Stéphane Hablot (PS, député de la 2e circonscription de Meurthe-et-Moselle depuis 2024) poursuit sa campagne pour reprendre la mairie de Vandœuvre-lès-Nancy (29 942 habitants, 35 sièges au conseil municipal). Stéphane Hablot avait été élu maire en 2020 au premier tour avec 51,2% des voix avant de démissionner en août 2024 au profit de son premier adjoint Patrice Donati pour respecter la législation sur le cumul des mandats. Cette candidature marque sa volonté de reprendre la mairie qu’il a dirigée de 2020 à 2024.


Lunéville, Toul, Laxou · Confirmations de candidature

Dans les sous-préfectures et communes de la métropole, les structures de campagne se stabilisent avant la deadline du 26 février.

Catherine Paillard (LR), maire de Lunéville (18 262 habitants, 33 sièges au conseil municipal, sous-préfecture) depuis 2020, brigue un second mandat. Élue au premier tour en 2020 avec 54,5% des voix avec la liste “Avec vous pour Lunéville”, Catherine Paillard, ancienne première adjointe de Jacques Lamblin (LR, ancien député et maire de 2008 à 2020), dispose d’une position solide dans cette ville historiquement ancrée à droite.

Alde Harmand, maire de Toul (15 768 habitants, 33 sièges au conseil municipal, sous-préfecture) depuis 2020, a confirmé sa candidature pour les municipales 2026. Élu au premier tour en 2020 avec sa liste “Toul, Demain”, Alde Harmand vise un second mandat dans cette ville située au cœur du vignoble lorrain.

Laurent Garcia (MoDem), maire de Laxou (14 771 habitants, 33 sièges au conseil municipal, commune de la Métropole du Grand Nancy) depuis 2008 et ancien député (2017-2020), poursuit sa campagne pour un troisième mandat. Laurent Garcia avait été réélu de justesse en 2020 au second tour avec 50,5% des voix, soit seulement 33 voix d’avance sur sa concurrente Laurence Wieser. Cette faible marge fait de Laxou l’une des villes à surveiller dans la métropole nancéienne.


Calendrier électoral

DateÉvénement
2 févrierOuverture officielle de la campagne médiatique (passé)
26 févrierDate limite de dépôt des candidatures (9h-18h, mercredi 25 février 9h-16h)
27 févrierRéunion des commissions de propagande du 1er tour (9h)
1er marsDébat ICI Lorraine “Dimanche en Politique” (10h40)
2 marsOuverture officielle de la campagne (J-13)
4 marsDébat ICI Lorraine avec candidats de Nancy (18h15)
5 marsDate limite pour inscription exceptionnelle sur les listes électorales
11 marsDébat ICI Lorraine avec candidats de Nancy (18h15)
15 mars1er tour des élections municipales (bureaux ouverts 8h-20h)
22 mars2nd tour (si nécessaire)

Selon France TV Pro, ICI Lorraine a prévu quatre débats d’une demi-heure avec France 3 les 1er, 4 et 11 mars pour les élections municipales. Les 15 et 22 mars, ICI Lorraine proposera deux grandes soirées électorales en direct de la préfecture de Meurthe-et-Moselle à Nancy avec résultats, analyses et réactions des candidats.


Réseaux sociaux et communication

La semaine écoulée a été marquée par l’intensification des campagnes numériques dans l’ultime ligne droite avant la deadline du 26 février. À Nancy, les cinq candidats structurent leurs présences en ligne et préparent la phase de communication officielle qui débutera le 2 mars.

Mathieu Klein maintient sa communication via mathieuklein.fr et ses réseaux sociaux, avec un focus sur le bilan de son mandat et les projets pour un second mandat. Laurent Hénart structure sa campagne via laurenthenart2026.fr, en martelant son programme sécuritaire. Nancy Insoumise poursuit sa stratégie d’enquête populaire de terrain et de communication via nancy-insoumise.fr. Laurent Watrin développe sa présence sur nousnancy2026.fr, centrant sa communication sur la souveraineté numérique et la participation citoyenne. Emmanuel Lacresse maintient sa présence numérique avec “Nancy en avant” malgré l’absence de soutien Renaissance.

L’affaire Réhon continue de susciter des réactions sur les réseaux sociaux, illustrant la permanence des cyberviolences dans les campagnes électorales 2026. Les équipes de campagne maintiennent leurs activités numériques tout en préparant la phase de communication officielle qui débutera le 2 mars.

Aucune nouvelle polémique majeure n’a émergé sur les réseaux sociaux en Meurthe-et-Moselle cette semaine, hormis la poursuite des réactions sur l’affaire Réhon. Les équipes communiquent sur leurs événements de terrain et finalisent leurs programmes avant la deadline du 26 février à 18h.


Tendances et analyse

Deadline jeudi : la fin de la phase de structuration

Le jeudi 26 février à 18 heures marque la fin de la phase de structuration des listes qui a débuté le 9 février. Après cette échéance, les candidatures seront définitivement figées et la campagne officielle débutera le 2 mars, soit treize jours avant le scrutin du 15 mars. Pour les candidats de Nancy, cela signifie déposer une liste de 55 noms respectant la parité stricte, sans possibilité de modification ultérieure. Dans les autres communes du département, les délais sont identiques.

La deadline du 26 février fixera les rapports de force électoraux pour les trois prochaines semaines de campagne, jusqu’au scrutin du 15 mars. Les stratégies de communication et de terrain pourront encore évoluer, mais les candidats et leurs équipes seront définitivement figés.

Nancy : l’asymétrie stratégique confirmée

La configuration électorale nancéienne confirme l’asymétrie stratégique évoquée dans nos éditions précédentes. Laurent Hénart dispose d’une coalition large (LR, Horizons, Renaissance) et d’un positionnement clair sur la sécurité. Mathieu Klein, bien que soutenu par PS, Écologistes, PCF et Place publique, fait face à deux candidatures de gauche autonome (Sarah Farghaly, Laurent Watrin) qui fragmentent le camp progressiste.

Le sondage Ipsos du 7 février, mentionné dans notre édition du 18 février, plaçait Laurent Hénart et Mathieu Klein au coude-à-coude avec 34% d’intentions de vote chacun au premier tour. Si Laurent Watrin obtient 8-10% et Sarah Farghaly 6-8% au premier tour, Mathieu Klein pourrait se retrouver sous les 40%, ce qui changerait significativement les rapports de force avant le second tour.

La sécurité, enjeu électoral central

Laurent Hénart structure sa campagne autour d’un “choc de sécurité” massif : 500 caméras de vidéosurveillance en trois ans (multiplier par six le nombre actuel), doublement des effectifs de police municipale, brigade canine, police des transports métropolitains, 100 bornes d’appel d’urgence. Ce programme attaque frontalement le bilan de Mathieu Klein sur le “quotidien des Nancéiens”.

Selon Parlons-Politique.fr, l’opposition dénonce une “dérive budgétaire” et appelle à revoir les priorités d’investissement, avec des augmentations de la taxe foncière au niveau de la ville et de la Métropole pointées comme symbole d’une politique “déconnectée des réalités quotidiennes”.

Mathieu Klein défend son bilan en mettant en avant les investissements réalisés durant son mandat (mobilité, transition énergétique, logement) et les projets pour un second mandat centré sur le “Nancy Grandit” de sa liste.

Cyberviolences : un défi démocratique persistant

L’affaire Réhon rappelle la vulnérabilité des candidats face aux cyberviolences et pose la question de la régulation des discours haineux durant les campagnes électorales. Plus de trois semaines après la publication de sa photo, Aurore Katramiz continue de faire l’objet de commentaires haineux en ligne. Le soutien institutionnel du maire Jean-Pierre Weber et le dépôt de plainte constituent des signaux forts, mais la modération des contenus en ligne reste un défi démocratique majeur.

L’affaire illustre également l’ampleur des campagnes numériques : 20 000 vues et 102 commentaires pour la photo d’une candidate à Réhon, commune de 3 863 habitants. Les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans les campagnes 2026, avec des stratégies numériques de plus en plus élaborées mais aussi des risques de cyberviolences accrus.

Enjeux métropolitains

Les résultats à Nancy, Vandœuvre (Stéphane Hablot), Laxou (Laurent Garcia), et dans les autres communes de la Métropole du Grand Nancy détermineront la gouvernance métropolitaine pour six ans. La recomposition politique à Nancy aura des répercussions directes sur les 20 communes et 260 000 habitants de la métropole.

Les enjeux métropolitains sont majeurs : mobilité, urbanisme, développement économique, transition énergétique. Le scrutin du 15 mars sera déterminant pour l’orientation de ces politiques jusqu’en 2032.


Édition n°6 · Meurthe-et-Moselle (54) · 24 février 2026 · Score : 3 pts · J-19